Le 13 mai 2007 : Rassemblement citoyen aux Glières

Plus d’un millier de personnes se sont retrouvées au Plateau des Glières, haut lieu de la résistance française, dimanche dernier à 12h pour une marche et un pique-nique fraternel. Objectif : protester contre la récupération du symbole par Nicolas Sarkozy pour servir son ambition personnelle. Celui-ci s’est en effet rendu le 4 mai au Plateau, deux jours avant le deuxième tour des élections présidentielles afin de rendre hommage à la résistance française : « J’ai voulu terminer cette campagne sur le Plateau des Glières, symbole de la résistance française et avec un message à la jeunesse : si dans deux jours, ils peuvent voter, c’est qu’il y a eu des hommes qui ont sacrifié leur vie » a déclaré Nicolas Sarkozy au pied du monument. « C’est un lieu extraordinaire, c’est très beau, c’est un lieu de mémoire, un lieu d’avenir qui donne du sens à une campagne », a-t-il ajouté. Le candidat était accompagné de Bernard Accoyer, député de Haute-Savoie ainsi que du fils et du petit-fils de Tom Morel, un des chefs de la résistance française. En revanche, aucun vétéran n’était présent aux côtés de Nicolas Sarkozy, ceux-ci n’ayant pas été conviés, ni même prévenus de sa venue.

Dans un court discours, Walter Bassan, résistant, rescapé de Dachau et Robert Lacroix, résistant, ont expliqué les raisons de leur appel :
« Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables ! » M. Sarkozy vient de réaliser une opération médiatique sur le lieu des combats de 1944, aux Glières.
Tantôt marchant absolument seul vers le monument, tantôt serré par des parlementaires de son parti et entouré de micros et caméras, il est certain que M. Sarkozy disposait d’un bon metteur en scène ce vendredi 4 mai 2007.
Les dialogues étaient beaucoup moins affûtés : parler de la « sérénité » du lieu s’accommodait bien mal de la bousculade médiatique de ce jour là.
Et les propos polémiques contre sa concurrente au poste de la Présidence de la République face aux micros tendus n’étaient pas dignes d’être proférés sur le lieu même du sacrifice des Résistants Unis.
M. Sarkozy ne sert pas la mémoire des Glières et de la Résistance. M. Sarkozy se sert des Glières.
Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage personnel et discret aux hommes tombés ici. Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage public dans une fonction officielle.
Nous lui contestons le droit de récupérer un symbole historique au service de son ambition personnelle, dans une mise en scène détestable à quelques heures du scrutin. La mémoire des combattants des Glières appartient au peuple français.
Les avancées politiques issues de ces sacrifices et des combats de toutes les Forces Françaises de l’Intérieur doivent être défendues. Le programme du Conseil National de la Résistance, unifiant les composantes combattantes a permis des avancées sociales extraordinaires à la Libération. Nous, nous y souscrivons toujours.

Du 31 janvier au 26 mars 1944 au Plateau des Glières, 465 maquisards, encadrés par une poignée d’officiers et de sous-officiers du 27e bataillon de chasseurs alpins, s’opposent aux troupes de la Milice française et de la Gestapo. Malgré une lutte acharnée et le soutien de parachutages alliés (150 tonnes d’armes sont larguées), ce groupe de résistants est anéanti par près de 20 000 soldats de la 157e division alpine de la Wehrmacht, soutenus par des miliciens français et par l’aviation allemande. Le 26 mars, ils subissent l’assaut de la Wehrmacht : 250 maquisards sont tués ; les blessés et les prisonniers sont fusillés ou déportés.

Le Conseil National de la Résistance (CNR) se réunit pour la première fois le 27 mai 1943 clandestinement sous la présidence de Jean Moulin, représentant du Général de Gaulle en France occupée. Il est composé de l’ensemble des mouvements de la Résistance ainsi que de six mouvements politiques et de deux syndicats. Le 15 mars 1944, le CNR définit un programme prévisionnel qui comporte à la fois un plan d’action immédiat contre l’oppresseur et des mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.
Différentes mesures sont décidées afin d’assurer notamment : la liberté et l’indépendance de la presse à l’égard de l’Etat et des puissances d’argent ; la liberté d’association, de réunion et de manifestation ; et l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.
Par ailleurs, d’autres mesures visent à promouvoir des réformes indispensables sur le plan économique et social. Au niveau économique par exemple, elles appuient : la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ; le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires ; la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
Au niveau social, ces mesures soutiennent entre autres le droit au travail et le droit au repos (par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail) ; un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ; un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence ; la sécurité de l’emploi ; la réglementation des conditions d’embauche et de licenciement ; une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours.
Enfin, ces mesures prônent la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quel que soit leur milieu.

Aux vues des avancées sociales permises par ce programme (Programme Nationale de la Résistance), les vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appèlent les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Ainsi, ils demandent au gouvernement que le 27 mai soit proclamé Jour de la Résistance.

Plus  d’infos : http://www.fsd74.org/article.php3?id_article=1079

2 commentaires jusqu'à maintenant

  1. Paul et Martine Philippe on

    Merci mille fois, c’est simple, juste et émouvant.
    Bravo

  2. Françoise Philippe on

    Belle journée pour une belle manifestation, belle et claire réplique à la “communication”-récupération ! à suivre ? on vous suit


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